Le site de démonstration El Alaa - diagnostic Nexus
Le site de démonstration El Alaa - diagnostic Nexus
La première étape pour chaque terrain est d’établir une base analytique initiale pour une compréhension intégrée et partagée avec les acteurs du territoire des interactions, des synergies et des compromis entre les quatre composantes eau, environnement, énergie agriculture et alimentation, ainsi que des contraintes et des opportunités sur les différents sites.
La zone d’étude et ses ressources
L’Alâa est située à l’ouest de la ville de Kairouan et fait partie du bassin versant supérieur du Merguellil, dans le centre de la Tunisie. Le territoire, avec ses collines vallonnées, ses cours d’eau saisonniers (oueds), une mosaïque de paysages agricoles et naturels typiques des environnements méditerranéens semi-arides, correspond approximativement au sous-bassin de l’oued Jabbes. Il couvre 37 832 hectares et compte une population d’environ 28 000 habitants, qui pratiquent principalement l’agriculture pluviale et l’élevage. Il est caractérisé par un isolement marqué – physique, économique et social – comme une grande partie des régions intérieures de la Tunisie.
Avec une température annuelle moyenne de 20,8 °C, le territoire présente d’importantes variations de température diurnes, allant de températures maximales moyennes de 26,9°C à des minimales de 14,8 °C (Infoclimat.fr). Cet écart marqué entre le jour et la nuit reflète les caractéristiques continentales typiques des régions méditerranéennes de l’intérieur.
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L’eau, une ressource critique
Le régime pluviométrique présente une extrême variabilité interannuelle (entre cycles humides et secs) qui pose également des défis majeurs en termes d’agriculture, alors que les activités agricoles sont principalement pluviales et fortement dépendantes de la disponibilité saisonnière de l’eau. Ces dernières nécessitent donc des stratégies de gestion adaptative de l’eau et des systèmes de culture diversifiés afin d’assurer la résilience du territoire. Les effets du changement climatique observés entre 1980 et 2025 comprennent une hausse constante des températures tant moyennes qu’extrêmes, des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, une diminution du rafraîchissement nocturne, ainsi qu’une variabilité extrême des précipitations.
La stratégie de gestion de l'eau du territoire repose en grande partie sur trois barrages à flanc de colline conçus pour capturer les eaux de ruissellement saisonnières et réduire la pression sur les ressources en eaux souterraines. Le barrage de Morra (1993) situé sur l’oued Morra (un affluent du Merguellil), conçu à l’origine pour irriguer environ 70 ha, n’irrigue aujourd’hui que moins de 10 ha, principalement en raison de problèmes d’entretien des infrastructures et d’une expertise technique limitée, d’un envasement progressif et de la difficulté à organiser les agriculteurs autour d’une utilisation collective de l’eau. Le barrage d’El Khil (2000) situé sur l’oued El Khil (bassin versant de Zeroud), qui devait également permettre l’irrigation de 70 ha, n’en irrigue que 30 en raison de réseaux incomplets, de difficultés liées à la gestion collective de l’eau et de difficultés d’investissement des agriculteurs. Le barrage de Smeti (2005), également situé dans le bassin du Zeroud, est de loin le plus grand. Doté d’un réseau modernisé sous pression permettant l’irrigation de 88 ha, il constitue un exemple relativement réussi où l’irrigation s’est mieux développée grâce à l’existence d’un réseau fonctionnel et à une meilleure organisation locale des agriculteurs.
Le bassin versant supérieur du Merguellil est caractérisé par la coexistence d’aquifères peu profonds, fortement dépendants des précipitations et d’aquifères profonds. Ces ressources en eaux souterraines sont très variables, tant en termes de quantité que de qualité -salinité variant de 0,1 à 7 g/l selon la zone du bassin- (du Buisson de Courson, 2017). Au cœur de ce système, l’aquifère profond de l’Oligocène de Bou Hafna se caractérise par son excellente qualité (moins de 0,3 g/l de sels dissous). Il est surexploité à hauteur de 105 %, les prélèvements annuels dépassant légèrement sa recharge naturelle. En raison de son importance stratégique pour l'approvisionnement en eau potable, son utilisation pour l’agriculture est pratiquement interdite. Les agriculteurs recourent alors à des pompes diesel installées près des oueds, des barrages à flanc de colline ou de puits de surface à faible débit, ce qui entraîne des coûts d’exploitation élevés et une capacité d’irrigation limitée.
L’énergie : une dépendance au gazoil
Le paysage énergétique d’El Alâa est façonné par le cadre national mis en place par trois institutions clés : le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, la STEG (Société Tunisienne d’Electricité et de Gaz) et l’ANME (Agence Nationale de Management de l’Energie), principal promoteur des énergies renouvelable.
Le système énergétique territorial présente une dépendance critique au gazole, avec 2640 systèmes de pompage installés à proximité d’oueds, de barrages à flanc de colline ou de puits de surface (CRDA, 2022). De faibles débits et générant d’importantes émissions de gaz à effet de serre, ces systèmes présentent des coûts d’exploitation élevés pesant considérablement sur la rentabilité des exploitations, et exposent à des risques de sécurité énergétique, en particulier pendant les périodes de rupture d’approvisionnement ou de volatilité des prix.
L’accès à l’alimentation électrique triphasée, indispensable aux grandes installations de pompage électrique, reste limité sur une grande partie du territoire, ne permettant que l’installation de pompes électriques de petite taille dont la capacité de pompage est restreinte.
Les tarifs subventionnés de l’électricité du réseau, bien que soulageant économiquement les agriculteurs, ne les incitent pas à adopter des énergies renouvelables et perpétuent la dépendance aux combustibles fossiles. El Alâa présente pourtant un potentiel solaire exceptionnel, qui pourrait être une véritable opportunité pour le territoire.
L’agriculture et l’alimentation
L’arboriculture domine, notamment la culture de l’olivier, complétée par la culture des amandiers et des figuiers de Barbarie. Les cultures céréalières, variétés de blé et d’orge résistantes à la sécheresse, sont adaptées aux conditions de culture pluviale. La production maraîchère à petite échelle se développant à proximité des sources comprend des légumes de saison destinés à la consommation locale et à la vente sur les marchés.
Sept types d'exploitations agricoles distincts ont été identifiés (du Buisson de Courson, 2017), allant de micro-exploitations de moins de 2 ha orientées vers l’autosuffisance à de vastes exploitations irriguées à vocation commerciale. 50 % des 2640 exploitations agricoles du territoire s’étendent sur moins de 5 hectares et disposent d’une faible capacité d’investissement individuelle. Elles donnent la priorité à l’autoconsommation et réduisent la dépendance aux approvisionnements alimentaires extérieurs. Des souks hebdomadaires maintiennent les liens traditionnels entre producteurs et consommateurs. Le caractère saisonnier des cycles de production fait appel à des stratégies traditionnelles de stockage et de conservation des denrées alimentaires. La diversification nutritionnelle est obtenue grâce à des systèmes intégrés de culture, d’élevage et de sylviculture.
Les écosystèmes : une prédominance des terres cultivables et des pâturages naturels
Le territoire se caractérise par une mosaïque paysagère hétérogène. La prédominance des terres cultivables (47 %) et des pâturages naturels (34 %) reflète la vocation agricole du territoire. Depuis les années 1970, les cheptels montrent une stabilité remarquable malgré des changements importants dans les systèmes agricoles et les modes d’occupation des sols ; les systèmes de pâturage traditionnels ont coévolué avec les écosystèmes locaux, donnant naissance à des pratiques de gestion durables adaptées aux conditions semi-arides. Trois types distincts de gestion pastorale peuvent être distingués :
- les systèmes pastoraux extensifs valorisant les pâturages naturels, et favorisant la conservation de la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes ;
- les exploitations familiales d’élevage intégrées, caractérisées par une forte intensité de main-d’œuvre et une forte intégration avec les systèmes de culture, optimisant le cycle des nutriments entre les composantes végétales et animales ;
- les ateliers d’élevage intensif nécessitant davantage de capitaux et s’appuyant principalement sur des ressources « hors sol » pour atteindre une productivité plus élevée par unité animale.
Les vulnérabilités du territoire sont à la fois d’ordre économique, sociale et climatique. El Alâa est le territoire le plus pauvre de Tunisie en termes de revenu par habitant. Les superficies des exploitations agricoles, souvent inférieures à 5 ha en raison de morcellement foncier, sont insuffisantes pour générer un revenu viable. Les régions les plus reculées ne peuvent accéder qu’aux marchés locaux, en particulier pour les légumes frais. Le territoire souffre d’un grave isolement géographique et d’un réseau routier souvent en mauvais état. La migration des jeunes vers les zones urbaines est importante, l’absence de diversification économique n’offrant aucune perspective d’emploi autre que l’agriculture et enfermant la région dans un sous-développement chronique. Le taux d’analphabétisme est alarmant (20 % chez les hommes, 42 % chez les femmes), bien supérieur aux moyennes nationales. Les infrastructures publiques (écoles, centres de santé, …) souffrent d’un sous-financement critique malgré les investissements passés.
Le territoire présente une variabilité extrême des précipitations. Les tendances de température montrent un réchauffement progressif, avec des vagues de chaleur plus fréquentes et des nuits moins fraîches, impactant le fonctionnement des écosystèmes.
L’approvisionnement en eau potable constitue un défi majeur. Les infrastructures hydriques d’El Alâa freinent considérablement le développement agricole et le bien-être des ménages. La couverture actuelle en eau potable n’atteint que 50 à 60 % dans plusieurs secteurs, les zones reculées restant totalement dépourvues de réseaux d’adduction d’eau. Ce déficit en infrastructures s’est aggravé depuis 2011, date à laquelle l’instabilité politique a entraîné la dégradation des systèmes de distribution d’eau existants et la suspension des extensions de réseaux prévues, avec des répercussions marquées sur l’égalité entre les sexes, les femmes assumant la responsabilité d’aller chercher l’eau à grande distance dans les zones mal desservies ne peuvent participer à d’autres activités économiques. L’incertitude liée aux revenus agricoles, le coût élevé des intrants pour les équipements d’irrigation et l’accès limité aux marchés pour les cultures irriguées font que de nombreux agriculteurs ne peuvent réaliser l’investissement nécessaire pour se raccorder aux réseaux d’irrigation ou entretenir les systèmes de pompage.
Les challenges intersectoriels du territoire
Le paysage politique concernant le nexus eau-énergie-alimentation à El Alâa se caractérise par une fragmentation importante ; les mandats sectoriels se chevauchent sans mécanismes d’harmonisation, entravant la mise en œuvre de solutions intersectorielles durables. Les administrations régionales telles que la CRDA (Commission Régionale pour le Développement de l’Agriculture) de Kairouan gèrent les quotas d’eau et les permis de forage indépendamment de la politique nationale mise en place par le ministère de l’Agriculture, chargé de définir les orientations en matière d’agriculture et d’irrigation. L’ANME (Agence Nationale pour la Maîtrise de l’Energie) mène des initiatives en faveur de l’efficacité énergétique et de l’adoption des énergies renouvelables pour le pompage agricole, mais ne coordonne guère ses actions avec les agences de gestion des ressources en eau ou les autorités chargées de la planification agricole. La distribution d’électricité et la fixation des tarifs sont gérées de manière centralisée par la STEG (Société Tunisienne d’électricité et de gaz), souvent sans consultation des acteurs agricoles. La SONEDE (Société nationale de distribution d’eau) est chargée d’assurer l’approvisionnement en eau potable à partir d’aquifères profonds, mais opère séparément des autres secteurs d’utilisation de l’eau. Le ministère de l’Environnement exerce un contrôle réglementaire en matière de protection des ressources en eau et des normes environnementales, là encore sans coordination intégrée avec les utilisateurs des ressources ou les gestionnaires du portefeuille énergétique.
Parmi les lacunes et les inefficacités majeures, on peut citer l’absence d’un cadre institutionnel intégré pour la gouvernance du « nexus », la persistance des forages illégaux malgré la réglementation en vigueur, l’insuffisance des mécanismes financiers pour les solutions liées au nexus (le coût des installations solaires dépassant de 75 % la capacité financière des exploitations agricoles), la concurrence intersectorielle non résolue entre la SONEDE et les agriculteurs pour l’accès aux aquifères profonds.
L’expérience territoriale souligne donc l’importance de prendre en compte simultanément les facteurs techniques, institutionnels, économiques et climatiques plutôt que de se concentrer uniquement sur le développement des infrastructures. Une approche intégrée est essentielle pour garantir que les investissements dans le domaine de l’eau contribuent efficacement à la résilience territoriale et aux objectifs de développement durable dans le contexte du changement climatique en cours et de la concurrence croissante pour les ressources.
Les opportunités pour le territoire : des dynamiques et des acteurs pouvant contribuer à améliorer la résilience et la durabilité du territoire
Le territoire d’El Alâa fait cependant preuve de résilience grâce à des stratégies d’adaptation multiformes qui ont évolué au fil des générations pour faire face aux contraintes semi-arides. La diversification agricole constitue la pierre angulaire de la résilience locale, les habitants pratiquant une agriculture pluviale diversifiée (arboriculture, céréales, cultures maraîchères), complétée par des systèmes d’élevage pastoral. Cette diversité agricole est renforcée par une valorisation active des ressources forestières, témoignant de savoirs traditionnels adaptés aux conditions de la région.
Les organisations collectives, en particulier les Groupements de développement agricole
(GDA), constituent des piliers institutionnels essentiels : elles gèrent les points d’eau et les réseaux d’irrigation collectifs, représentent les intérêts des agriculteurs auprès des autorités régionales, négocient les droits d’eau et les quotas, tout en facilitant la gestion collective des réservoirs de colline. Cependant, la mise en place d’une gestion durable de l’irrigation par leur biais s’avère difficile en raison des obstacles rencontrés pour parvenir à une prise de décision collective, à une répartition équitable de l’eau et à des engagements à long terme en matière d’entretien parmi les agriculteurs membres.
L'économie de marché locale, axée sur l'autoconsommation et les ventes locales, réduit la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs volatils.
Les exploitations agricoles, des micro-exploitations aux grandes exploitations familiales, adoptent des stratégies de gestion adaptatives en optimisant l’utilisation des ressources, certains agriculteurs recourant à d’anciens puits pour l’irrigation d’appoint, d’autres développant des systèmes mixtes agriculture-élevage qui valorisent les pâturages naturels.
Ces atouts de résilience interconnectés forment un système socio-écologique capable de maintenir la productivité agricole et la cohésion communautaire dans un contexte de variabilité climatique croissante et de contraintes en matière de ressources.
Des pistes d’action à mettre en place
Optimiser la gestion de l'eau grâce à l'innovation énergétique
Les ressources solaires exceptionnelles du territoire font d’El Alâa un site de démonstration potentiel pour les stratégies de transition vers les énergies renouvelables applicables dans des régions méditerranéennes semi-arides similaires. Une solution innovante consisterait à installer, à titre expérimental, quelques panneaux photovoltaïques à proximité du barrage de la colline de Smeti, au niveau du Groupement de Développement Agricole (GDA). Cette expérimentation permettrait d’évaluer le potentiel de l’énergie solaire pour répondre aux besoins du GDA, tout en privilégiant une installation au sol plutôt qu’une solution photovoltaïque flottante, présentant un coût d’investissement et d’installation plus élevé. Cette approche constituerait ainsi une première expérience locale, permettant d’évaluer la faisabilité et l’intérêt de cette solution avant d’envisager éventuellement son extension.
Des démarches collectives gérées par les groupes de développement agricole existants pourraient permettre aux petites exploitations d’accéder aux énergies renouvelables tout en réalisant des économies d’échelle dans l’acquisition, l’installation et la maintenance des équipements (CRDA, 2022).
Promouvoir la plantation d’arbres
La plantation d’arbres adaptés aux conditions naturelles locales, tels que les amandiers et les caroubiers, résistants à la sécheresse et aux sols pauvres, contribueraient à stabiliser les sols, à préserver la biodiversité et à offrir aux agriculteurs une source de revenus supplémentaire grâce à la vente de leurs produits (amandes, caroubes, ...).
Associer cultures fourragères et énergie solaire pour une agriculture durable
L’introduction de cultures fourragères, en particulier de légumineuses (vesce, luzerne, fèves, etc.) permettrait d’enrichir le sol en azote, d’améliorer sa structure et de réduire la dépendance vis-à-vis des engrais chimiques. Parallèlement, l’utilisation de l’énergie photovoltaïque pour les besoins en pompage et en irrigation contribuerait à renforcer l’indépendance énergétique des exploitations.
Renforcement des capacités des acteurs du secteur agricole
Il est proposé de former le personnel administratif et les agriculteurs à l’utilisation d’une application numérique permettant d’évaluer la durabilité des exploitations agricoles. Cet outil faciliterait le suivi des pratiques, la mesure de leur impact environnemental et économique, et encouragerait l’adoption de comportements plus durables et responsables.
Mise en place de mécanismes de suivi et de promotion des pratiques locales
L’installation de sondes dans les parcelles pilotes de quelques agriculteurs exemplaires permettrait de collecter des données précises sur l’humidité du sol, la salinité et la consommation d’eau. Ces informations seraient utilisées pour mieux adapter les pratiques d’irrigation et rationaliser l’utilisation de l’eau. Parallèlement, la création d’une parcelle modèle équipée de systèmes d’irrigation goutte-à-goutte et cultivée avec des variétés locales de blé permettrait de démontrer les avantages d’une agriculture économe en eau. Ces parcelles pourraient être mises à la disposition des femmes rurales membres de la SMSA (Société Mutuelle de services agricoles) pour la transformation du blé en produits traditionnels tels que la bsissa ou le couscous.
Soutenir l’autonomisation des femmes rurales et la transformation durable des produits locaux
Enfin, il est essentiel de soutenir et de former les femmes rurales à la transformation des
produits agricoles locaux en aliments sains et durables à la fois dans une optique de durabilité des systèmes agricoles et d’autonomisation économique des femmes de la région. La formation porterait également sur les pratiques agroécologiques économes en eau, telles que l’utilisation de feuilles de cactus comme paillis naturel pour réduire l’évaporation et améliorer la rétention d’humidité dans le sol.
Références
CRDA Kairouan, 2022. Données et analyses sur les ressources en eau, infrastructures hydrauliques, et systèmes agricoles de la région d'El Alâa. Commissariat Régional au Développement Agricole, Kairouan, Tunisie.
Du Buisson de Courson Gaspard, 2017. Diagnostic agraire dans le bassin amont de l'oued Merguellil, Tunisie Centrale. Rapport technique.
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